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Bonne nuit, doux prince - Pierre Charras
Aux éditions "France Loisirs" et "Mercure de France"
Présentation de l’éditeur : Au fil des pages, le narrateur de Pierre Charras trace le portrait de celui qui fut son père, né en
1911.
Avec des mots justes et simples, il ressuscite les cartes postales nostalgiques d’un bonheur familial fragile. Persévérant et obstiné, il se lance à l’assaut de son enfance comme on gravit une montagne. Il se fait archéologue émotionnel de l’histoire paternelle, comme si les mots pouvaient pallier l’absence.
Hommage d’un fils à son père disparu, d’un enfant à ses parents, le roman de Pierre Charras est bouleversant.
Extrait : « Je le voyais s’éloigner, la nuque maigre, le crâne chauve, les épaules effondrées. Je n’ai pas bougé.
J’aurai dû l’appeler, le serrer dans mes bras, lui dire que j’étais heureux qu’il me fasse cadeau, pour me faciliter la vie de tous les jours, des objets qui lui avaient permis d’être lui. Mais
je n’ai pas bougé, je n’ai rien dit. C’est aujourd’hui, tant d’années après, que je voudrais le rattraper et le prendre contre moi. Je sais bien qu’il est trop tard, mais j’y reviens sans arrêt.
Comme un cul-de-jatte qui a mal aux jambes, j’ai mal à mon père. C’est ça, au fond notre histoire. Des gestes qui n’ont pas eu lieu. Des mots que j’ai négligé de dire. Des élans d’amour
aujourd’hui périmés qui m’étouffent. Je n’en finis pas d’établir le catalogue des occasions manquées. »
Mon avis : Cette histoire touchante, toute en émotion, relate la relation faite de silence et de non-dits entre un père et son fils. Mais c’est aussi une belle déclaration
d’amour d’un fils pour son défunt père. Et pour atténuer la douleur de l’absence, le fils se souvient avec nostalgie du passé, des sorties familiales au cinéma, des petits secrets entourant la noël, des journées silencieuses entrain de pêcher et de ce fameux jour où il obtint son baccalauréat… des instants à
jamais perdus où il aurait pu lui parler.
L’auteur écrit avec simplicité et retenue révélant ainsi la difficulté du narrateur à exprimer cet amour filial et pudique. Bref c’est bien triste mais cela nous confronte avec notre propre vécu et nous fait réfléchir.
Bonne nuit, doux prince a reçu le Prix des Romancières 2007. D'autres avis chez Joelle et Patch
Ma note :