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Malgré le peu de temps que j’ai consacré à la lecture ce mois-ci (score misérable d’un livre lu depuis le début du mois), je peux dire que j’ai dégusté le roman de Charlotte Brontë, « Jane Eyre ». Tout aussi bon que « Les Hauts de Hurle-vent » écrit par sa sœur Emily et d’ailleurs très ressemblant au niveau de l’ambiance mais un poil moins sombre tout de même.
Editions Le livre de poche - 5,50 € - 544 pages
Le vent dans les landes désolées a creusé l'âme des soeurs Brontë. Seules, elles se sont inventé une compagnie ; célibataires, elles ont rêvé l'amour. Publié en même temps que le livre de sa
soeur Emily, Les Hauts de Hurle-Vent, le roman de Charlotte connut d'emblée un immense succès.
Une jeune gouvernante aime le père de ses élèves et est aimée de lui. Mais elle résiste à cet amour, découvrant avec horreur l'existence de la première femme de Rochester, pauvre folle enfermée
par son mari. L'histoire, qui trouve son origine dans la jeunesse tourmentée de son auteur, fait se succéder coups de théâtre et débordements de passion, fuite éperdue dans les landes et sens du
devoir jusqu'à l'héroïsme.
Jane Eyre est l'un des plus beaux romans d'amour anglais du XIXe siècle. Tout y est romantique et tout y est vrai. Jane Eyre, c'était Charlotte Brontë elle-même.
Préface de Charlotte Maurat.
Commentaires de Raymond Las Vergnas.
Les premières lignes : "Il était impossible de se promener ce jour-là. Le matin, nous avions erré pendant une heure dans le bosquet dépouillé de feuilles ; mais, depuis
le dîner (quand il n'y avait personne, Mme Reed dînait de bonne heure), le vent glacé d'hiver avait amené avec lui des nuages si sombres et une pluie si pénétrante, qu'on ne pouvait songer à
aucune excursion.
J'en étais contente. Je n'ai jamais aimé les longues promenades, surtout par le froid, et c'était une chose douloureuse pour moi que de revenir à la nuit, les pieds et les mains gelés, le cœur attristé par les réprimandes de Bessie, la bonne d'enfants, et l'esprit humilié par la conscience de mon infériorité physique vis-à-vis d'Éliza, de John et de Georgiana Reed."
Mon avis : L’emploi à la première personne nous rend très proche de l’héroïne Jane Eyre. Le lecteur vit à ses
côtés, éprouve ses peines et ses joies, suit son évolution de petite orpheline pauvre et rejetée jusqu’à l’âge adulte. C’est aussi par la suite, une merveilleuse histoire d’amour qui naît entre
deux êtres si différents que les remous de la vie ne cesseront de séparer et de malmener.
Charlotte Brontë laisse d’ailleurs au fil des pages quelques traces de rencontres et d’évènements qui ont eu lieu dans sa vie bien que son oeuvre ne soit pas autobiographique (le pensionnat, son
poste d’institutrice…). Elle nous dépeint aussi une Angleterre victorienne des plus caricaturale entre noblesse vaniteuse, superficielle et pauvres gens loyaux, authentiques. La romancière joue
avec les clichés : la qualité d’une personne étant proportionnelle à sa bourse, les riches étant les méchants et les pauvres, les gentils. Jane en est le parfait exemple puisque sans fortune
et sans parents, elle devient un fardeau pour sa famille d’adoption riche et hautaine. Même si Charlotte est fille de pasteur, les références multiples à la religion (bible, péchés et compagnie)
deviennent malgré tout agaçantes.
Par contre, les descriptions des paysages et de l’atmosphère sont tout simplement enchanteurs. Campagne verdoyante le jour, sombres et maléfiques, la nuit. La superstition et le surnaturel font
partis des éléments marquant du roman. On les retrouve sous forme de rêves, de signes et d’allusions (rêves d’enfants au mauvais présages, marronnier
foudroyé…). Cela renforce le côté sinistre de l’histoire. Les personnages sont, eux, fouillés, cernés, analysés avec détails.
L’écriture est quant à elle, délicate, immuable, passionnée.
Un récit qui donne à réfléchir, une belle leçon de vie qui pousse à voir au delà des apparences. Bref, un livre qui ne laisse pas indifférent. Un chef d’œuvre, certainement !
Ma note :